Kinshasa : Mort d’un étudiant dans un cachot de la police criminelle suite aux tortures

13 septembre 2022
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Bavure policière ? Une autre histoire rocambolesque. Joël Kubala Kabongo, âgé de 20 ans, étudiant en G1 à l’Université panafricaine au quartier Cité-verte, commune du Mont Ngafula, à Kinshasa, a rendu l’âme la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 août 2022, au cachot de la police criminelle.

Dans une tribune de la Voix des Sans Voix (VSV), le lundi 12 septembre, la maman de la victime, Ngalula Tshanda a raconté l’histoire complète de ce triste événement survenu dans sa famille.

« Mon fils faisait la lessive devant la parcelle à côté de sa petite boutique, subitement, j’ai entendu des bruits, et l’on m’appellera pour dire que mon fils a été arrêté par des agents se réclamant de la police, habillés en tenue civile. Je demandais avec supplication à ces policiers la cause de son arrestation avec brutalité, et ils m’ont réprimandé de ne plus m’approcher d’eux. Je leur ai dit comment ils sont venus arrêter mon fils sans convocation quelconque ni mandat d’amener, mais ils ne me disent rien sur ce qu’il a commis comme infraction pour être arrêté de la sorte comme un criminel. Pendant que je les suivais par derrière où ils amenaient l’enfant, ils m’ont tous sorti des armes me menaçant de tirer si jamais je continuais à les suivre. J’ai eu peur, je suis retourné pour mettre mes babouches et mettre ma blouse pour continuer à les suivre, mais je ne les ai pas aperçus, ils ont disparu et des personnes sur le lieu me diront qu’on l’a embarqué dans leur jeep en grande vitesse, destination inconnue », raconte-t-elle larmes aux yeux.

La Maman de la victime explique qu’elle a parcouru divers sous-ciat de la police de son district, sans succès.

«  Je n’ai pas retrouvé là où ils ont incarcéré mon fils. C’est alors qu’une personne de bonne foi qui connaissait l’un des policiers dans cette opération m’a donné un numéro de téléphone à appeler le soir du jour suivant. Et j’ai eu au téléphone un policier qui a reconnu être dans l’opération de l’arrestation de mon fils. C’est alors qu’il me dira que l’enfant est incarcéré à l’UPCRIM situé sur l’avenue ex-24 novembre à Gombe. Le jeudi je me suis présentée sur le lieu de l’incarcération de mon fils avec la nourriture apprêtée pour lui. Ils ont refusé de me permettre de donner la nourriture à mon fils si jamais je ne payais pas 10$ américain. Je n’avais seulement 5000Fc de transport de mon retour sur moi, ils ont tout pris. Ils m’ont quand-même permis de voir mon fils. Il était en petite culotte sans ses vêtements, et mon fils dira qu’il a été copieusement tabassé sans savoir ce qu’il a fait exactement, et qu’il sentait des fortes douleurs partout sur son corps. Mais après l’avoir entendu sur pv, l’OPJ lui a dit qu’il est innocent, mais il m’a dit que j’aille là-bas à notre district vendredi pour finaliser sa libération. Je m’inquiétais du fait que nous ne connaissons pas le plaignant et ils ne m’ont rien dit à propos », a-t-elle expliqué.

Des démarches qui n’ont abouti à rien puisque la police informera à la maman de la victime que son fils aurait fait une crise.

«  Le vendredi en question, je me suis présentée à la police de notre district, deux policiers m’ont conduit dans une terrasse me disant de donner 300$ pour faire libérer mon fils. Je n’avais que 150$. Ils ont pris l’argent. Ils sont entrés dans leur bâtiment, et c’est un autre policier qu’ils ont envoyé pour me dire que mon fils avait fait une crise pendant la nuit et il était mort à la suite. Tout en pleurant, ils m’ont chassé de là, pour me dire que c’était interdit de pleurer à cet endroit cela leur créera des problèmes. Ils ont refusé même de me dire la morgue où son corps a été acheminé, et que j’aille le chercher dans des morgues à Kinshasa. Après des recherches toute seule dans diverses morgues sans piste précise, j’ai retrouvé mon fils à la morgue de Maman Yemo. Et jusqu’à ce jour, nous ne connaissons pas le plaignant et ils ne veulent rien nous dire quant à ce. Raison pour laquelle nous sommes venus ici à la VSV et devant vous les journalistes pour nous aider afin que justice soit faite », a raconté en pleurant, Mme Ngalula Tshanda.

« Après avoir regardé le corps de mon fils dans la morgue, des signes de torture sont visibles dans différentes surfaces du corps et le sang coulait de son ventre », a-t-elle ajouté en sanglots.

La famille de Joël Kubala Kabongo, réclame que justice soit faite afin d’élucider les circonstances de la mort de le leur fils.

Pour sa part, La VSV a rappelé le respect du droit à la vie qui est sacrée, et a souligné qu’aucun motif ne saurait justifier qu’il soit violé.

« De même, tous les instruments relatifs aux droits de l’homme interdisent toute pratique de la torture. Aucun être soumis à la torture ou à des peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants », a souligné Irène Monana, chargée de programme de la Voix de Sans Voix pour les droits de l’homme.

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